Compagnonnage potager : Comprendre les associations de plantes

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Le compagnonnage au potager est une technique qui consiste à planter des fleurs, fruits et légumes ensemble pour profiter de leurs atouts comme le rejet de parasites des plants qui y sont sujets et l’apport de minéraux à ceux qui en ont besoin.

Le compagnonnage ne se fait pas au hasard, je vous guide ici pas à pas.

Quelles plantes associer en compagnonnage ?

Pour commencer, oubliez la structure traditionnelle potager, verger, massif floral. L’idée ici, c’est de mélanger stratégiquement.

Certains plants ont besoin de soutient pour repousser les parasites et maladies dont ils sont plus souvent sujets que les autres, là où d’autres ont besoin d’apports spécifiques dans la terre.

Les duos et trios connus

Les « Trois Sœurs » (Maïs, Haricot grimpant, Courge) : Ce trio traditionnel amérindienne est un modèle d’ingéniosité. Le maïs sert de tuteur au haricot grimpant. Le haricot fixe l’azote bénéfique aux trois. La courge, avec son feuillage étalé, couvre le sol, limitant les mauvaises herbes et conservant l’humidité.

Tomates et Basilic : Une association particulièrement connue ! Le basilic repousserait certains nuisibles de la tomate et certains jardiniers affirment qu’il améliore même le goût des tomates. L’œillet d’Inde est aussi un bon compagnon pour les tomates.

Carottes et Oignons (ou poireaux, ciboulette) : L’odeur de l’oignon et de ses congénères le poireau et la ciboulette, perturbe la mouche de la carotte, tandis que la carotte peut éloigner la teigne du poireau. Un bel exemple de protection mutuelle !

Fraisiers et Basilic ou Bourrache : Le basilic peut aider à éloigner pucerons et limaces. La bourrache, en plus d’attirer les pollinisateurs, enrichit le sol et stimulerait la croissance des fraisiers.

Choux et Plantes aromatiques (Aneth, Romarin, Sauge, Menthe) : De nombreuses herbes aromatiques peuvent aider à protéger les choux contre leurs ravageurs spécifiques, comme la piéride du chou. L’aneth est particulièrement recommandé.

Concombres et Aneth ou Capucine : L’aneth attire les pollinisateurs. La capucine peut servir de plante piège pour les pucerons, les attirant sur elle plutôt que sur vos concombres.

Haricots et Pommes de terre : Les haricots fixent l’azote et repoussent le doryphore, ce qui peut bénéficier aux pommes de terre.

Le compagnonnage moins commun

Évidemment, la liste des plantes à associer est longue… et énumérée juste ici ! De quoi vous préparer au compagnonnage dans votre jardin !

1. La densification temporelle et physique

  • Radis + Carotte + Tomate : Semés en même temps. Le radis lève et se récolte en 4 semaines, ameublissant le sol. La carotte grandit ensuite plus lentement dans l’espace libéré, et la tomate prend le relais en hauteur en fin de saison. 
  • Fraise + Épinard : L’épinard pousse rapidement au printemps et sert de couvre-sol protecteur (paillage vivant) pour maintenir l’humidité nécessaire aux fraisiers, tout en étant récolté avant que les fraises n’aient besoin de toute la lumière.
  • Ail + Mâche : L’ail occupe le sol très longtemps en profondeur mais prend peu de place en surface. La mâche, avec son système racinaire très superficiel et son cycle court, s’installe à ses pieds à l’automne sans aucune concurrence. 

2. Les alliances aromatiques

  • Chou + Sauge ou Menthe : Les Brassicacées (choux) attirent fortement la piéride (un papillon dont les chenilles ravagent les feuilles). L’odeur puissante de la sauge ou de la menthe perturbe complètement les récepteurs olfactifs de ce parasite, l’empêchant de repérer le chou. 
  • Asperge + Tomate : La tomate produit de la solanine, un répulsif naturel contre le criocère de l’asperge. En retour, l’asperge filtre la lumière pour les tomates en été. 

3. Les exceptions au cas du Fenouil

Alors que le fenouil est traditionnellement banni du potager en raison de son allélopathie négative, la recherche en permaculture montre qu’il possède de rares exceptions de tolérance : 

  • Fenouil + Aneth : Ils appartiennent à la même famille (Apiacées) et tolèrent mutuellement leurs substances nocives pour les autres plantes. 
  • Fenouil + Massifs de fleurs d’ornement : Intégré dans un massif naturaliste aux côtés d’Échinacées, de Monardes ou de Sauge d’ornement, le fenouil n’agit pas négativement sur ces plantes robustes et attire massivement les insectes auxiliaires (comme les syrphes, prédateurs de pucerons).

Les associations à éviter

S’il y a des plantes qui s’entraident, d’autres ne doivent pas être plantées ensemble. Voici les principales associations incompatibles :

Le fenouil et le reste de votre potager : Il sécrète des substances (allélopathie négative) qui ralentissent ou bloquent la croissance des plantes à proximité, notamment la tomate. Le fenouil est gorgé d’une huile essentielle qui contient anéthol et estragol, (inhibiteurs de croissance), et du fenchone qui lui confère une action antibactérienne et antifongique naturelle : cela protège le fenouil, mais perturbe la microfaune et la flore microbienne bénéfiques du sol. Des acides phénoliques et coumarines sont aussi sécrétés directement par les exsudats racinaires dans la terre : ils bloquent la germination des plantations trop proches et réduisent la capacité des autres plantes à absorber l’eau et les nutriments (Asphyxie racinaire). Il est donc préférable de le cultiver seul, à part des autres plantations. 

Les alliacées et les légumineuses : L’ail, l’oignon, l’échalote et le poireau inhibent les bactéries responsables de fixer l’azote sur les racines des haricots, fèves et pois, ce qui neutralise leur culture.

La tomate et la pomme de terre : Appartenant à la même famille, elles craignent les mêmes maladies, notamment le mildiou, ce qui augmente les risques de contamination. 

La carotte et la betterave : Ces deux racines se battent pour l’espace sous la terre et les nutriments. De son côté, la betterave libère des composés phénoliques (ils protègent notamment les végétaux contre les agressions extérieures, participent à la coloration et interviennent dans la photosynthèse) qui freinent la germination des carottes en provoquant un goût amer (isocoumarine) et leur brunissement. 

Le chou et les courgettes, radis ou fraisiers : Ces mariages créent des déséquilibres de sol, une forte concurrence et favorisent l’attraction de ravageurs communs. 

Le poireau et la betterave : Leur voisinage est réputé néfaste et nuit à leur bon développement respectif. Les sécrétions du poireau bloquent la croissance de la racine de la betterave, qui reste petite et chétive. La betterave est gourmante en potasse et en bore pour développer son bulbe, là où le poireau a un besoin très important en azote et en nutriments, ce qui fatigue le sol. Vous pouvez cependant les planter à 30-40 centimètres ou en insérant une plante intermédiaire pour rompre la barrière chimique.

Les plantes qui repoussent les parasites

Pour vous aiguiller vers vos propres associations, voici les plantes qui feront de parfaites compagnes en cas de parasites persistants ! Vérifiez néanmoins avec quels plants elles ne s’entendent pas avant de vous lancer.

1. Les fleurs protectrices

  • L’œillet d’Inde (Tagète) : Ses racines sécrètent des substances qui détruisent les nématodes, des vers microscopiques qui attaquent les racines, tandis que son feuillage éloigne les mouches blanches. L’oeillet est particulièrement efficace aux côtés des tomates, des pommes de terre ou des choux.
  • Le souci : Il repousse les doryphores de la pomme de terre, les mouches blanches de la tomate, et attire les syrphes, des insectes auxiliaires dont les larves dévorent les pucerons.
  • La capucine : Elle s’utilise principalement comme plante-piège. Elle attire les pucerons, les détournant de vos salades, courges ou tomates. 

2. Les herbes aromatiques

Leurs huiles essentielles puissantes saturent l’air et désorientent les ravageurs qui recherchent leurs légumes préférés à l’odeur.

  • Le basilic : Il repousse la mouche blanche, les pucerons et les thrips. Plantez-le au pied de vos tomates.
  • La menthe poivrée ou verte : Son parfum intense fait fuir les pucerons, les fourmis, les chenilles (comme la piéride du chou) et même les rongeurs.
  • La sauge et le romarin : Idéaux à côté des choux et des carottes pour faire fuir la mouche de la carotte et la piéride du chou. 
  • La tanaisie : Une des plus puissantes plantes anti-insectes. Elle repousse efficacement les fourmis, les altises, les pucerons et les tiques.

3. Les alliacées

  • L’ail, l’oignon, la ciboulette et le poireau : Grâce à leurs composés soufrés, ils ont une action globale très forte.
    • L’association alternée carotte + poireau (ou oignon) est connue pour son efficacité : le poireau repousse la mouche de la carotte, et la carotte repousse la teigne du poireau.
    • L’ail protège aussi les fraisiers contre les maladies cryptogames (pourriture grise) et éloigne les doryphores.

Et vous, vous saviez tout ça sur le compagnonnage ? Dites-nous en commentaires ! 🐝

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